
Vous avez un patrimoine à structurer, une cession à préparer ou simplement l’envie de sortir de la gestion pilotée de votre banque, et vous cherchez un conseiller en gestion de patrimoine. Le problème, c’est que le marché du conseil patrimonial en France ressemble à un labyrinthe : entre les CGP indépendants qui se disent « indépendants » mais vivent de rétrocessions, les banques privées qui facturent 2 à 3,5 % par an sur un mandat de gestion, et les robo-advisors qui promettent un conseil patrimonial à 1 % de frais, vous ne savez pas vraiment à qui faire confiance. Et sur les quelque 6 000 CIF enregistrés en France, moins de 5 % fonctionnent réellement en honoraires purs, sans commission sur les produits qu’ils recommandent.
Le sujet est d’autant plus d’actualité que l’AMF a durci le ton en 2025, avec des sanctions record contre des CIF ne respectant pas leurs obligations de transparence (2,5 millions d’euros d’amende pour un seul cabinet). Le message est limpide : la régulation se renforce, mais c’est encore à l’épargnant de faire le tri entre un conseil objectif et un conseil orienté par la rémunération du conseiller.
On a passé au crible huit acteurs représentatifs du marché, des grands cabinets CGP (Cyrus Conseil, Primonial, Crystal) à la banque privée (BNP Paribas) en passant par les robo-advisors patrimoniaux (Yomoni, Nalo, Ramify) et le modèle hybride en ligne (Patrimea). Pour chacun, on détaille les frais réels, le périmètre de conseil, le statut réglementaire et le profil d’investisseur auquel il convient le mieux.
Notre méthodologie : les critères pour comparer les CGP en France
Sur quels critères comparer objectivement un grand cabinet CGP, une banque privée et un robo-advisor patrimonial ? Avant de plonger dans les avis détaillés, on pose le cadre de lecture qui servira de fil rouge pour les huit acteurs analysés.
Les 5 critères qui font la différence
Comparer un CGP à un robo-advisor sans grille commune, c’est comparer des pommes et des oranges. On a retenu cinq critères qui permettent de mettre tous les acteurs sur un pied d’égalité, quel que soit leur modèle.
1. Le statut réglementaire. Un CGP peut cumuler plusieurs casquettes : CIF (Conseiller en Investissements Financiers, enregistré AMF), COA (Courtier en Assurance), IOBSP (Intermédiaire en Opérations de Banque), voire SGP (Société de Gestion de Portefeuille) pour les robo-advisors sous mandat. Chaque statut impose des obligations différentes. MIF 2 a introduit la notion de « conseil indépendant » : seul un conseiller ne percevant aucune rétrocession peut se qualifier comme tel. En pratique, moins de 5 % des quelque 6 000 CIF enregistrés en France fonctionnent réellement en honoraires purs (fee-only).
2. Le mode de rémunération. C’est le critère le plus discriminant pour évaluer l’indépendance réelle du conseil. Trois modèles coexistent : les honoraires purs (150 à 500 euros de l’heure, aucun conflit d’intérêts), les commissions et rétrocessions (pas de facture visible pour le client, mais un biais vers les produits les plus rémunérateurs), et le modèle hybride (honoraires + commissions, transparent si le CGP détaille ses revenus). Un épargnant investissant 200 000 euros en assurance-vie UC via un CGP rémunéré par rétrocessions peut payer 1,5 à 3 % de frais annuels cumulés sans s’en rendre compte, soit 3 000 à 6 000 euros par an.
3. Les frais annuels cumulés. L’écart entre un robo-advisor (0,6 à 1,6 % tout compris) et une banque privée (2 à 3,5 % en mandat) peut représenter, sur 20 ans et 200 000 euros investis avec un rendement brut de 6 %, une différence de capital final de l’ordre de 120 000 à 155 000 euros. C’est le chiffre qui devrait figurer dans toute discussion sur le choix d’un CGP.
4. Le périmètre de conseil. Un robo-advisor gère un portefeuille d’ETF, point. Un cabinet CGP articule fiscalité, transmission, immobilier, private equity, crédit. Une banque privée ajoute le crédit Lombard et le guichet unique. Un comment choisir un conseiller en gestion de patrimoine adapté, comprendre les frais et structurer ses décisions patrimoniales commence toujours par cette question : de quel périmètre de conseil avez-vous réellement besoin ?
5. Le ticket d’entrée. De 1 000 euros chez un robo-advisor à 250 000 euros en banque privée (et 1 000 000 euros en family office), le ticket d’entrée segmente mécaniquement le marché.
Le tableau ci-dessous synthétise ces cinq critères pour les huit acteurs passés au crible.
| Acteur | Type | Statut | Rémunération | Frais cumulés/an | Périmètre | Ticket d’entrée | Architecture |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
Cyrus Conseil | Cabinet CGP | CIF + COA | Rétrocessions + honoraires | 1,5 à 3,0 % | Global (fiscal, transmission, PE, immo) | 200 000 € | Ouverte |
Primonial | Plateforme-cabinet | CIF + COA | Rétrocessions | 1,5 à 3,0 % | Large (SCPI maison, PE, structurés) | 100 000 € | Semi-ouverte (produits maison) |
Crystal | Groupe CGP | CIF + COA | Commissions + honoraires | 1,0 à 2,5 % | Global (ingénierie, luxembourgeois, PE) | 250 000 € | Ouverte |
Patrimea | CGP en ligne | CIF + COA | Rétrocessions | 0,5 à 1,5 % | Intermédiaire (AV, PER, SCPI) | 1 000 € | Ouverte |
BNP Paribas BP | Banque privée | PSI (ACPR/AMF) | Frais sur encours + commissions | 2,0 à 3,5 % | Large (crédit Lombard, PE, structurés) | 250 000 € | Fermée (produits Cardif/BNP AM) |
Yomoni | Robo-advisor | SGP (AMF) | Frais sur encours | 1,0 à 1,6 % | Limité (ETF, AV, PER, PEA, CTO) | 1 000 € | Ouverte (ETF) |
Nalo | Robo-advisor | SGP (AMF) | Frais sur encours | 1,2 à 1,7 % | Limité (AV, PER) | 1 000 € | Ouverte (ETF) |
Ramify | Robo-advisor / plateforme | SGP (AMF) | Frais sur encours | 1,0 à 1,5 % | Élargi (ETF, SCPI, PE, livret) | 1 000 € | Ouverte |
Données à jour, avril 2026.


Le choix d’un CGP ne se résume donc pas à une question de frais. C’est un arbitrage entre le coût, l’étendue du conseil et votre niveau de patrimoine financier. On passe maintenant chaque acteur au crible, en commençant par les cabinets CGP traditionnels.
Cyrus Conseil — le grand cabinet CGP indépendant en architecture ouverte
Présentation
Fondé en 1989, Cyrus Conseil est l’un des plus grands cabinets CGP indépendants de France, avec plus de 22 milliards d’euros d’encours sous conseil en 2026. L’entrée du fonds de private equity PAI Partners au capital en avril 2026 marque une nouvelle étape dans la structuration du groupe. La clientèle se compose de dirigeants, cadres supérieurs, professions libérales et familles, avec un patrimoine financier cible allant de 200 000 à plus de 10 millions d’euros.
Le cabinet cumule les statuts CIF et COA (enregistré ORIAS et AMF), ce qui lui permet d’intervenir à la fois sur les investissements financiers et la distribution d’assurance-vie. Si vous voulez en savoir plus sur les acteurs de la banque privée, leurs frais, enveloppes fiscales et stratégies pour structurer durablement son patrimoine, on a dédié un guide détaillé au sujet.
Points forts
L’architecture ouverte est le premier argument avancé par Cyrus Conseil : le cabinet sélectionne parmi de multiples assureurs et fournisseurs, sans obligation de placer des produits maison. Concrètement, cela se traduit par un accès à une gamme large : assurance-vie, PER, SCPI, private equity (FCPR, FPCI), produits structurés, contrats de capitalisation, PEA et immobilier.
L’équipe d’ingénierie patrimoniale constitue un vrai différenciateur. Fiscalistes et juristes en interne permettent de traiter les structurations complexes : montage de holding, optimisation de cession d’entreprise via le dispositif 150-0 B ter, pacte Dutreil, démembrement. Si vous êtes dirigeant et préparez une cession, c’est un atout concret. Le cabinet donne par ailleurs accès à des rendements réels, frais et dispositifs fiscaux du Private Equity pour structurer une décision d’investissement personnalisée.
La présence nationale et les encours significatifs (plus de 22 milliards d’euros) confèrent au cabinet un pouvoir de négociation sur les conditions tarifaires des assureurs et des sociétés de gestion. Pour vous, cela peut se traduire par des frais réduits sur les contrats proposés.
Points faibles
Le modèle de rémunération est le point de tension principal. Malgré l’étiquette « indépendant », Cyrus Conseil tire une part significative de ses revenus des rétrocessions perçues sur les contrats d’assurance-vie UC, les SCPI et le private equity. Ce modèle crée un conflit d’intérêts potentiel, car le cabinet a mécaniquement intérêt à orienter vers les supports les plus rémunérateurs.
Les frais cumulés peuvent atteindre 1,5 à 3 % par an selon la composition du portefeuille, un niveau qui grève sensiblement le rendement net sur le long terme. Les droits d’entrée en assurance-vie peuvent aller jusqu’à 2 % (négociables), et les performances sous mandat ne sont pas publiées, ce qui complique toute évaluation objective.
Les avis clients sont contrastés : si l’expertise et la qualité du conseil sont souvent saluées, les critiques récurrentes portent sur les rendements nets après frais. Pour mieux comprendre l’impact des frais cumulés sur un contrat d’assurance-vie, le détail vaut le détour.
Tarification détaillée
| Poste de frais | Fourchette | Commentaire |
|---|---|---|
| Honoraires bilan patrimonial | Inclus si placement conséquent | Facturé sinon (1 000 à 3 000 €) |
| Frais sur encours | 0,8 à 1,2 %/an | Sur le capital sous conseil |
| Rétrocessions AV UC | 0,3 à 0,8 %/an | Incluses dans les frais du contrat, reversées par l’assureur |
| Droits d’entrée AV | 0 à 2 % | Négociables selon le montant |
| Commission SCPI | 5 à 10 % | Commission unique à la souscription |
| Commission PE | 2 à 5 % | Commission unique à la souscription |
Données à jour, avril 2026.
En cumulant frais sur encours et rétrocessions, un portefeuille composé majoritairement d’UC en assurance-vie supporte facilement 2 à 2,5 % de frais annuels. C’est un niveau comparable à celui d’une banque privée, pour un périmètre de conseil plus large mais sans la fonction crédit intégrée.
Pour qui c’est fait
Cyrus Conseil s’adresse aux patrimoines intermédiaires à élevés (200 000 à 10 millions d’euros et au-delà) qui ont besoin d’un accompagnement patrimonial global avec de l’ingénierie : montage de holding, préparation de cession, optimisation de transmission. C’est un choix pertinent pour les dirigeants d’entreprise et les familles avec des problématiques patrimoniales croisées (immobilier + financier + fiscal).
En revanche, Cyrus Conseil ne convient pas aux épargnants sensibles aux frais cherchant une gestion low-cost, ni aux patrimoines inférieurs à 100 000 euros pour qui les frais cumulés grèveraient trop le rendement. Si votre objectif est simplement de placer en ETF à moindre coût, un robo-advisor sera plus adapté.
Primonial — la plateforme-cabinet à gros volume, mais quelle indépendance ?
Présentation
Primonial est le leader français de la gestion de patrimoine, avec un pôle immobilier (Primonial REIM) qui gère à lui seul plus de 30 milliards d’euros d’encours. Le groupe opère à la fois en distribution directe et via un réseau de CGP partenaires. La gamme est large : SCPI maison (Primovie, Primopierre, Primofamily), assurance-vie, PER, OPCVM, private equity et produits structurés.
Le modèle Primonial est celui d’une « plateforme-cabinet » à gros volume. Contrairement à un cabinet CGP classique qui sélectionne des produits tiers, Primonial fabrique et distribue ses propres produits SCPI, ce qui soulève une question centrale : quelle indépendance réelle pour le conseil ? Si vous voulez comprendre comment se positionnent les acteurs de la banque privée, leurs frais, enveloppes fiscales et stratégies pour structurer durablement son patrimoine, la comparaison est utile.
Points forts
La taille du groupe est un avantage objectif : Primonial REIM figure parmi les plus gros gestionnaires de SCPI en Europe. Cette masse critique offre un accès à des opportunités d’investissement institutionnelles (private equity, produits structurés) et une capacité de négociation sur les conditions.
Le réseau national de CGP partenaires permet un maillage territorial étendu. La gamme de produits est l’une des plus larges du marché, ce qui offre sur le papier une diversification importante. Si vous vous intéressez au rendements réels, frais et dispositifs fiscaux du Private Equity pour structurer une décision d’investissement personnalisée, Primonial donne accès à cette classe d’actifs.
Points faibles
Le conflit d’intérêts est le talon d’Achille de Primonial. Quand un distributeur fabrique et vend ses propres produits, la question de l’objectivité se pose frontalement. Un CGP partenaire Primonial a mécaniquement intérêt à placer les SCPI du groupe (sur lesquelles il perçoit des commissions) plutôt que des SCPI concurrentes potentiellement plus performantes ou moins chères.
Les frais de souscription SCPI chez Primonial REIM comptent parmi les plus élevés du marché : 8 à 12 % du montant souscrit, là où certaines plateformes en ligne proposent des frais réduits voire nuls. Les droits d’entrée en assurance-vie peuvent atteindre 5 % sur certains contrats (comme Target+), un niveau rarement vu chez les acteurs en ligne. Les frais cumulés méritent d’être calculés en détail avant de s’engager.

Tarification détaillée
| Poste de frais | Fourchette | Commentaire |
|---|---|---|
| Frais de gestion UC | ~0,98 %/an | Prélevés par l’assureur partenaire |
| Frais de gestion fonds euros | ~0,80 %/an | Variable selon le contrat |
| Droits d’entrée AV | 0 à 5 % | Jusqu’à 5 % sur Target+ |
Frais SCPI Primonial REIM | 8 à 12 % | Commission unique à la souscription |
| Frais d’arbitrage | ~1 % | Par opération |
| Commission PE | Standard marché | Variable selon le fonds |
Données à jour, avril 2026.
En cumulant frais de gestion UC (0,98 %) et frais des supports sous-jacents, on dépasse facilement 2 % par an en assurance-vie. Si on ajoute les droits d’entrée initiaux, le rendement net de la première année est significativement amputé.
Pour qui c’est fait
Primonial convient aux investisseurs immobiliers convaincus par les SCPI Primonial REIM et disposant d’un patrimoine supérieur à 100 000 euros. Le modèle est pertinent si vous cherchez un guichet unique avec accès au private equity et aux produits structurés, à condition d’accepter le compromis sur l’indépendance du conseil.
En revanche, Primonial ne convient pas aux épargnants qui privilégient l’indépendance du conseil ni à ceux qui sont sensibles aux frais de souscription SCPI élevés. Si la transparence des frais est un critère prioritaire pour vous, d’autres acteurs répondent mieux à cette exigence. Et pour une gestion low-cost en ETF, les robo-advisors sont une alternative nettement moins coûteuse.
Crystal — le consolidateur en pleine expansion
Présentation
Crystal est un groupe de gestion de patrimoine en forte croissance, approchant les 30 milliards d’euros d’actifs gérés et administrés. La stratégie est claire : la consolidation par acquisitions. Avec 38 cabinets rachetés depuis 2021, y compris une expansion en Outre-Mer (Nouvelle-Calédonie), Crystal s’est imposé comme le principal consolidateur du marché CGP français.
Début 2026, le groupe a opéré une transition de gouvernance : Bruno Narchal est passé au conseil de surveillance tandis que Jean-Maximilien Vancayezeele a pris les fonctions de PDG. Crystal se distingue par une expertise en ingénierie patrimoniale complexe et un accès aux contrats d’assurance-vie luxembourgeois (triangle de sécurité). Pour une vision plus large du paysage, notre guide sur les acteurs de la banque privée, leurs frais, enveloppes fiscales et stratégies pour structurer durablement son patrimoine complète cette analyse.
Points forts
La stratégie d’acquisitions confère à Crystal un maillage territorial étendu et un poids de négociation croissant face aux assureurs et sociétés de gestion. Avec près de 30 milliards d’euros d’encours, le groupe obtient des conditions tarifaires compétitives qu’il peut répercuter sur ses clients.
L’expertise en ingénierie patrimoniale est un point fort concret : montages de holding, structurations SCI, pacte Dutreil, dispositif 150-0 B ter et contrats luxembourgeois font partie de l’offre. L’accès à des fonds de private equity institutionnels complète un périmètre de conseil parmi les plus larges du marché. Si vous envisagez le private equity, on détaille les rendements réels, frais et dispositifs fiscaux du Private Equity pour structurer une décision d’investissement personnalisée.
Points faibles
La croissance par acquisitions a un revers : la qualité de service peut varier significativement d’un bureau à l’autre. Un cabinet racheté il y a six mois n’a pas nécessairement intégré les process et les standards du groupe. Pour vous, cela signifie que l’expérience dépend beaucoup de l’interlocuteur local sur lequel vous tombez.
La transparence sur la rémunération est limitée : peu d’informations publiques permettent de connaître précisément la répartition entre honoraires et commissions. Les performances ne sont pas publiées, ce qui complique toute évaluation objective. Le modèle n’est pas fee-only, et les frais cumulés restent à vérifier au cas par cas.
Tarification détaillée
| Poste de frais | Fourchette | Commentaire |
|---|---|---|
| Honoraires de conseil | Sur devis | Forfait selon complexité du dossier |
| Frais sur encours | 0,5 à 1,0 %/an | Sur le capital sous conseil |
| Commissions sur produits distribués | Variable | Rétrocessions sur AV UC, SCPI, PE |
| Commission SCPI | 5 à 10 % | Standard marché, commission unique |
| Commission PE | 2 à 5 % | Commission unique à la souscription |
Données à jour, avril 2026.
Les frais sur encours (0,5 à 1,0 % par an) sont légèrement inférieurs à ceux de Cyrus Conseil, mais il faut y ajouter les rétrocessions perçues sur les supports. Au total, le coût peut atteindre 1,5 à 2,5 % par an selon la composition du portefeuille.
Pour qui c’est fait
Crystal s’adresse aux patrimoines élevés (supérieurs à 250 000 euros) avec des besoins d’ingénierie complexe : holding, cession d’entreprise, transmission intergénérationnelle, contrats d’assurance-vie luxembourgeois. Le groupe est pertinent pour les dirigeants et les familles multi-générationnelles cherchant une structuration patrimoniale poussée.
En revanche, Crystal ne convient pas si vous cherchez une transparence maximale sur les frais, ou si vous préférez un cabinet à taille humaine avec un interlocuteur stable et identifié. Le risque d’hétérogénéité de service lié aux acquisitions est un facteur à prendre en compte. Pour une approche plus simple et moins coûteuse, un placement en ETF via un robo-advisor peut suffire.
Patrimea — le CGP en ligne adossé à Meilleurtaux
Présentation
Patrimea est un cabinet CGP en ligne, acquis par le groupe Meilleurtaux en 2023. Avec environ 430 millions d’euros d’encours sous gestion et 8 000 clients, c’est un acteur de taille modeste comparé aux géants du secteur, mais son modèle hybride entre le cabinet traditionnel et le robo-advisor en fait un cas intéressant à décortiquer.
Le positionnement est clair : proposer un conseil humain accessible en ligne, avec des frais plus maîtrisés qu’un cabinet physique. La gamme couvre l’assurance-vie, le PER et les SCPI, le tout souscriptible en ligne. L’adossement au groupe Meilleurtaux (comparateur leader en France) apporte une visibilité et une crédibilité supplémentaires. Pour situer Patrimea dans le paysage plus large, notre analyse de les acteurs de la banque privée, leurs frais, enveloppes fiscales et stratégies pour structurer durablement son patrimoine offre un complément utile.
Points forts
Le modèle en ligne réduit les coûts structurels par rapport à un cabinet physique, et cela se voit sur les frais de gestion UC : 0,50 à 0,75 % par an selon le contrat, un niveau sensiblement inférieur aux grands cabinets CGP.
Le conseil humain reste disponible (téléphone, email, visio), ce qui différencie Patrimea des robo-advisors purs où le contact se limite au service client. La sélection de SCPI est diversifiée et ne se limite pas à des produits maison. L’adossement à Meilleurtaux permet d’accéder au rendements réels, frais et dispositifs fiscaux du Private Equity pour structurer une décision d’investissement personnalisée via le réseau du groupe, bien que Patrimea ne propose pas directement de PE.
Note de Tom
j’ai testé plusieurs cabinets CGP en ligne ces dernières années, et ce qui m’a frappé c’est l’écart de qualité du conseil entre un appel de 20 minutes avec un conseiller en ligne et un bilan patrimonial complet en cabinet. Le modèle hybride fonctionne si vos besoins sont simples (AV, PER, SCPI), mais dès qu’on touche à la structuration d’un patrimoine post-cession ou à l’optimisation fiscale avancée, il faut accepter que le périmètre de conseil est structurellement limité.
Points faibles
La rémunération par rétrocessions limite l’indépendance du conseil, même si l’absence de produits maison atténue le biais. Les droits d’entrée en assurance-vie peuvent atteindre 3 % selon le contrat, un niveau non négligeable. Surtout, le contrat phare Patrimea Premium est fermé à la commercialisation (il reste ouvert à la gestion pour les détenteurs existants), ce qui réduit l’attractivité de l’offre pour les nouveaux clients.
Le périmètre de conseil est plus restreint qu’un cabinet physique : pas de private equity, pas de produits structurés, pas d’ingénierie patrimoniale poussée (holding, SCI). Pour mesurer l’impact des frais cumulés sur votre contrat, le calcul reste indispensable.
Tarification détaillée
| Poste de frais | Fourchette | Commentaire |
|---|---|---|
| Frais de gestion AV UC | 0,50 à 0,75 %/an | Selon le contrat |
| Droits d’entrée AV | 0 à 3 % | Variable selon le contrat |
| Commission SCPI | Standard marché | Commission unique à la souscription |
| Frais de conseil direct | 0 € | Rémunération par rétrocessions uniquement |
Données à jour, avril 2026.
Avec des frais de gestion UC entre 0,50 et 0,75 % par an et l’absence d’honoraires de conseil directs, le coût total annuel reste inférieur à celui des grands cabinets CGP. Attention cependant aux droits d’entrée AV : 3 % sur un versement initial impacte significativement le rendement de la première année, vérifiez au cas par cas.
Pour qui c’est fait
Patrimea convient aux épargnants digitaux cherchant un conseil humain avec des frais maîtrisés, pour un patrimoine de 20 000 à 200 000 euros. Le modèle est pertinent si vous voulez investir en SCPI avec un accompagnement sans vous déplacer, ou ouvrir une assurance-vie avec un minimum de conseil personnalisé.
En revanche, Patrimea ne convient pas aux patrimoines complexes nécessitant de l’ingénierie patrimoniale (holding, SCI, cession) ni aux investisseurs cherchant du private equity ou des produits structurés. Si votre besoin se limite à une gestion passive en ETF, un robo-advisor comme Yomoni ou Ramify sera à la fois moins cher et plus adapté sur ce périmètre précis.
BNP Paribas Banque Privée, la solidité bancaire, mais à quel prix ?
Présentation
Avant d’aborder les robo-advisors, il reste un acteur d’un tout autre calibre à passer au crible. BNP Paribas est la première banque française par les actifs (2 705 milliards d’euros), et sa branche Banque Privée figure parmi les leaders du marché. Le ticket d’entrée est fixé à 250 000 euros de patrimoine financier, et le service « Wealth Management » démarre à 1 000 000 euros.
Le modèle est radicalement différent de tout ce qui précède. BNP Paribas Banque Privée opère sous statut PSI (Prestataire de Services d’Investissement), agréé ACPR et AMF. Le conseiller est un salarié de la banque, soumis à des objectifs commerciaux internes, ce qui soulève immédiatement la question de l’indépendance du conseil. Pour situer ce modèle dans le paysage, notre guide sur les acteurs de la banque privée, leurs frais, enveloppes fiscales et stratégies pour structurer durablement son patrimoine détaille les mécanismes en jeu.
Points forts
Le premier avantage, c’est le guichet unique : banque au quotidien, crédit immobilier, crédit professionnel, investissement et assurance sous le même toit. Pour un dirigeant qui a besoin de financer une acquisition immobilière en même temps qu’il structure ses placements, c’est un gain de temps réel.
La solidité financière du groupe constitue un autre argument objectif. Les fonds propres de BNP Paribas, la garantie FGDR (100 000 euros sur les dépôts) et la garantie de 70 000 euros par assureur pour l’assurance-vie (via Cardif) offrent un filet de sécurité que les structures plus petites ne peuvent pas égaler.
L’accès au crédit Lombard est un différenciateur concret : emprunter en nantissant son portefeuille d’investissement, à des taux préférentiels, permet de financer un projet sans liquider ses positions. Les produits institutionnels (private equity via BNP Paribas Principal Investments, produits structurés sur mesure) complètent un périmètre large. Pour mieux comprendre les rendements réels, frais et dispositifs fiscaux du Private Equity pour structurer une décision d’investissement personnalisée, le sujet mérite un approfondissement.

Points faibles
L’architecture est principalement fermée : les conseillers orientent vers les produits maison (assurance-vie Cardif, OPCVM BNP Paribas AM), estimés à 60 à 80 % de l’allocation. Ce biais structurel se traduit par des supports souvent plus coûteux que les meilleurs du marché.
Les frais cumulés sont les plus élevés de ce comparatif. En mandat de gestion UC, avant négociation, le total atteint environ 3,35 % par an : frais de mandat (1,0 à 1,5 %), frais UC Cardif (0,75 à 1,00 %), frais des OPCVM maison (1,00 à 2,00 %) et droits de garde (0,25 à 0,50 %). En pratique, après négociation, un client paie 2 à 3 % par an. C’est plus du double de ce que facture un robo-advisor. Pour calculer l’impact des frais cumulés sur un contrat d’assurance-vie, le détail est instructif.
Le turnover des conseillers (estimation de 2 à 4 ans en poste) nuit à la continuité du suivi. Et ce qu’on observe souvent, c’est que les « petits » clients de banque privée (250 000 à 500 000 euros) reçoivent un service standardisé, loin de l’accompagnement sur mesure qu’ils espéraient en franchissant la porte.
Tarification détaillée
| Poste de frais | Fourchette | Commentaire |
|---|---|---|
| Frais de mandat de gestion | 1,0 à 1,5 %/an | Sur le capital sous gestion déléguée |
Frais de gestion UC AV Cardif | 0,75 à 1,00 %/an | Prélevés par l’assureur maison |
Frais supports OPCVM BNP Paribas AM | 1,00 à 2,00 %/an | Frais courants des fonds du groupe |
| Droits de garde CTO | 0,25 à 0,50 %/an | Sur la valeur du portefeuille titres |
| Frais de courtage | 0,50 à 1,50 % par ordre | Sur chaque transaction |
| Droits d’entrée AV | 0 à 2 % | Négociables selon le montant |
Données à jour — avril 2026.
Le cumul de ces lignes dépasse facilement 3 % par an en mandat UC. Même après négociation, l’écart avec un robo-advisor reste significatif : sur 200 000 euros investis pendant 20 ans avec un rendement brut de 6 %, la différence de capital final peut atteindre 120 000 à 155 000 euros. Autrement dit, vous payez potentiellement le prix d’un appartement en frais cumulés.
Pour qui c’est fait
BNP Paribas Banque Privée s’adresse aux patrimoines supérieurs à 250 000 euros (et idéalement supérieurs à 500 000 euros pour un service réellement personnalisé) qui ont besoin d’un guichet unique intégrant crédit Lombard, crédit immobilier professionnel et investissements. C’est un choix pertinent pour les dirigeants ayant des besoins bancaires complexes, à condition de négocier fermement les frais.
En revanche, si vous êtes sensible aux frais ou que vous recherchez une architecture ouverte et un conseil indépendant, ce modèle ne vous conviendra pas. Si votre objectif est de placer en ETF à moindre coût, les acteurs qui suivent répondent mieux à cette attente.
Yomoni, le robo-advisor au plus long track record en France
Présentation
Lancé en 2015, Yomoni est le premier robo-advisor français. Agréé Société de Gestion de Portefeuille (SGP) par l’AMF, il propose une gestion sous mandat 100 % ETF. L’offre couvre quatre enveloppes : assurance-vie (assureur Suravenir), PER, PEA et CTO. Avec plus de 2 milliards d’euros d’encours fin 2025, Yomoni s’est imposé comme la référence du segment.
Le ticket d’entrée est fixé à 1 000 euros (300 euros pour l’assurance-vie enfant), avec des versements programmés à partir de 50 euros par mois. Pour situer ce modèle face aux acteurs traditionnels, notre guide sur les acteurs de la banque privée, leurs frais, enveloppes fiscales et stratégies pour structurer durablement son patrimoine met les différences en perspective.
Points forts
Les frais sont parmi les plus bas du marché : 1,60 % maximum tout compris en assurance-vie, et seulement 1,00 % sur PEA et CTO (pas de frais assureur sur ces enveloppes). L’agrément SGP impose un cadre réglementaire strict, avec ségrégation des fonds, obligation de résultat dans la gestion et reporting régulier.
Le track record est le plus long parmi les robo-advisors français, avec des données de performance remontant à 2015. Le PEA Yomoni affiche une performance annualisée de +10,2 % entre décembre 2020 et décembre 2025. Le profil équilibré (P6) a délivré +6,0 % en 2025. Ces chiffres restent à contextualiser (passé ≠ futur), mais ils offrent un point de comparaison concret que peu d’acteurs du segment peuvent afficher.
L’interface est souvent saluée pour son ergonomie : simulateurs, suivi en temps réel, souscription 100 % en ligne. Les encours significatifs (plus de 2 milliards d’euros) confirment la solidité de la plateforme. L’accès au rendements réels, frais et dispositifs fiscaux du Private Equity pour structurer une décision d’investissement personnalisée n’est en revanche pas dans le périmètre de Yomoni.

Points faibles
Yomoni ne propose pas de conseil patrimonial global. Pas de SCPI, pas de private equity, pas de fonds euros en gestion libre. La gestion est passive (100 % ETF), ce qui signifie qu’en cas de krach, votre portefeuille suit le marché à la baisse sans mécanisme de protection actif.
Le service client se limite au chat, email et téléphone (horaires bureau), sans possibilité de rendez-vous physique. Si vous avez besoin d’être accompagné sur des sujets fiscaux ou de transmission, Yomoni ne remplace pas un CGP. Les frais cumulés sont transparents, mais le périmètre de conseil reste structurellement limité.
Tarification détaillée
| Poste de frais | Enveloppe | Montant | Commentaire |
|---|---|---|---|
Frais de gestion Yomoni | AV / PER | 0,70 %/an | 0,60 % sur certaines offres |
| Frais supports ETF | Toutes | ~0,30 %/an | Moyenne pondérée |
| Frais assureur Suravenir | AV / PER | 0,60 %/an | Pas de frais assureur sur PEA/CTO |
| Total AV | AV | ~1,60 %/an | Maximum tout compris |
| Total PEA / CTO | PEA / CTO | ~1,00 %/an | Pas de frais assureur |
Données à jour — avril 2026.
Aucun frais d’entrée, aucun frais de sortie, aucun frais de versement. La structure tarifaire est lisible et prévisible, et c’est précisément ce qui tranche avec l’empilement de frais constaté chez les acteurs traditionnels.
Pour qui c’est fait
Yomoni convient aux épargnants autonomes cherchant une gestion passive à frais réduits, dès 1 000 euros. Le modèle est adapté aux jeunes actifs et aux patrimoines intermédiaires (1 000 à 500 000 euros) sans besoins d’ingénierie complexe. La combinaison Yomoni + un bilan patrimonial ponctuel chez un CGP (1 000 à 3 000 euros) est souvent la configuration la plus rentable pour un patrimoine inférieur à 250 000 euros.
En revanche, Yomoni ne convient pas aux investisseurs qui veulent du SCPI, du private equity ou un conseil patrimonial global. Si vous voulez aller au-delà des ETF sans passer par un cabinet CGP, d’autres plateformes offrent une diversification plus large.
Nalo, la gestion multi-projets et l’optimisation fiscale intégrée
Présentation
Nalo est un robo-advisor agréé SGP par l’AMF, dont le différenciateur principal est la gestion multi-projets. Chaque objectif (retraite, achat immobilier, épargne de précaution) dispose de sa propre allocation avec une sécurisation progressive automatique. L’assureur partenaire est Generali Vie.
L’offre se limite à deux enveloppes : assurance-vie et PER. Pas de PEA, pas de CTO. Le ticket d’entrée est de 1 000 euros. Pour comprendre comment Nalo se positionne face aux autres modèles, notre guide sur les acteurs de la banque privée, leurs frais, enveloppes fiscales et stratégies pour structurer durablement son patrimoine complète le tableau.
Points forts
La gestion multi-projets est ce qui distingue vraiment Nalo. Au sein d’un même contrat d’assurance-vie, chaque projet a son allocation propre : un objectif retraite à 20 ans sera investi de manière dynamique, tandis qu’un apport immobilier à 3 ans sera progressivement sécurisé. Les arbitrages sont automatisés, vous n’avez rien à gérer vous-même.
L’optimisation fiscale est intégrée : Nalo programme les rachats partiels sur le projet le plus ancien pour bénéficier de l’abattement 8 ans en assurance-vie, et adapte la déduction PER à la tranche marginale d’imposition. Les frais de gestion Nalo (0,55 % par an) sont les plus bas parmi les robo-advisors du comparatif. L’agrément SGP AMF garantit le même cadre réglementaire strict que Yomoni. Pour les investisseurs qui envisagent d’autres classes d’actifs, les rendements réels, frais et dispositifs fiscaux du Private Equity pour structurer une décision d’investissement personnalisée sont à considérer séparément.
Points faibles
L’absence de PEA et de CTO est une limitation réelle. Si vous souhaitez investir en actions européennes dans une enveloppe fiscalement optimisée (PS 18,6 % après 5 ans sur PEA, contre PFU 31,4 % sur CTO), il faudra aller chercher cette enveloppe ailleurs.
Pas de SCPI, pas de private equity. L’offre reste cantonnée à la gestion passive en ETF via deux enveloppes. Les frais assureur Generali Vie (0,85 % par an) sont supérieurs à ceux de Suravenir chez Yomoni (0,60 %), ce qui réduit l’avantage des frais de gestion bas. Au total, Nalo revient à environ 1,65 % par an en assurance-vie, contre 1,60 % pour Yomoni. Les frais cumulés sont proches, mais la différence d’enveloppes disponibles est marquée.
Tarification détaillée
| Poste de frais | Montant | Commentaire |
|---|---|---|
Frais de gestion Nalo | 0,55 %/an | Les plus bas des robo-advisors du panel |
| Frais supports ETF | ~0,25 %/an | Moyenne pondérée |
Frais assureur Generali Vie | 0,85 %/an | Supérieur à Suravenir (0,60 %) |
| Total AV | ~1,65 %/an | Tout compris |
Données à jour — avril 2026.
Pas de frais d’entrée ni de frais de sortie. La structure est simple, mais le surcoût de l’assureur Generali par rapport à Suravenir (0,25 point de pourcentage par an) annule partiellement l’avantage des frais de gestion les plus bas du marché. Sur 100 000 euros et 15 ans, ces 0,25 point se sentent.
Pour qui c’est fait
Nalo convient aux épargnants qui ont plusieurs projets avec des horizons différents et qui veulent une allocation automatiquement adaptée à chacun, dès 1 000 euros. Le modèle est pertinent si vous cherchez une optimisation fiscale intégrée (rachats programmés, déduction PER) sans avoir à gérer vous-mêmes les arbitrages.
En revanche, Nalo ne convient pas aux investisseurs qui veulent un PEA, du SCPI ou une diversification au-delà des ETF. L’offre limitée à deux enveloppes restreint mécaniquement le périmètre d’utilisation.
Ramify, l’alternative digitale à la banque privée
Présentation
Lancé en 2022, Ramify se positionne comme une plateforme patrimoniale hybride, à mi-chemin entre le robo-advisor et la banque privée digitale. L’offre combine assurance-vie (assureur Apicil), PER, SCPI, private equity, livret d’épargne et CTO (obligations). C’est la seule plateforme qui intègre SCPI et PE directement dans les portefeuilles pilotés.
Le ticket d’entrée est de 1 000 euros. Pour comprendre comment ce positionnement se compare aux acteurs traditionnels, notre analyse de les acteurs de la banque privée, leurs frais, enveloppes fiscales et stratégies pour structurer durablement son patrimoine éclaire les différences structurelles.
Points forts
La diversification est le principal atout de Ramify. Là où Yomoni et Nalo se limitent aux ETF, Ramify intègre SCPI et private equity dans ses portefeuilles pilotés, avec une optimisation fiscale automatisée. C’est un périmètre plus proche de celui d’un cabinet CGP que d’un robo-advisor classique.
Les frais sont compétitifs : environ 1,30 à 1,50 % par an tout compris en assurance-vie sur l’offre Premier, et 1,00 à 1,20 % sur les offres Black et Obsidian. Le livret d’épargne intégré affiche un taux de base brut de 1,65 % (depuis le 16 février 2026), avec une offre boostée temporaire à 4,60 % pendant 2 mois.
Les performances 2024 sont solides, avec une fourchette allant de 4,12 % (profil défensif) à 27,12 % (profil dynamique). En 2025, les performances se situent entre 3,03 % et 5,66 % selon le profil. Ces chiffres restent à prendre avec le recul habituel (passé ≠ futur, et la plateforme n’a que trois ans de track record). Pour explorer le volet private equity, les rendements réels, frais et dispositifs fiscaux du Private Equity pour structurer une décision d’investissement personnalisée méritent une lecture dédiée.
Points faibles
Le principal point faible, c’est le manque de recul. Lancé en 2022, Ramify n’a pas encore traversé de vrai cycle baissier prolongé. Trois ans de track record ne permettent pas de juger la robustesse du modèle quand les marchés se retournent.
L’absence de PEA est une lacune pour les investisseurs en actions européennes. Les SCPI et le PE viennent avec des frais additionnels (frais de souscription SCPI, management fee des fonds PE) qui s’ajoutent à ceux de la gestion pilotée. Le conseil reste limité par rapport à un CGP humain, car il n’y a pas de structuration patrimoniale complexe ni d’ingénierie fiscale avancée. Les frais cumulés sont transparents sur la partie ETF, mais les frais des couches SCPI et PE demandent une vigilance particulière.
Tarification détaillée
| Poste de frais | Offre Premier | Offre Black/Obsidian | Commentaire |
|---|---|---|---|
Frais de gestion Ramify | 0,60 à 0,75 %/an | Réduits | Variable selon l’offre |
| Frais supports ETF | ~0,20 %/an | ~0,20 %/an | Moyenne pondérée |
| Frais assureur Apicil | 0,50 à 0,70 %/an | 0,50 à 0,70 %/an | AV uniquement |
| Total AV | ~1,30 à 1,50 %/an | ~1,00 à 1,20 %/an | Tout compris (hors SCPI/PE) |
| SCPI | Frais standard | Frais standard | Commission unique à la souscription |
| PE | Frais standard | Frais standard | Souscription + management fee du fonds |
| Livret Ramify | 1,65 % brut | 1,65 % brut | Taux de base depuis 16/02/2026 |
Données à jour — avril 2026.

Sur la partie ETF pure, Ramify est le robo-advisor le moins cher de ce comparatif. L’ajout de SCPI et PE enrichit le périmètre, mais il faut bien calculer le coût total de chaque poche séparément pour obtenir le vrai prix de la diversification.
Pour qui c’est fait
Ramify convient aux épargnants qui cherchent une diversification patrimoniale digitale (ETF + SCPI + PE) à frais maîtrisés, dès 1 000 euros. Le modèle est pertinent si vous voulez aller au-delà des ETF sans passer par un cabinet CGP, en conservant une interface digitale et une tarification transparente.
En revanche, Ramify ne convient pas si vous avez besoin d’un PEA, ni si vous recherchez un conseil patrimonial humain approfondi (structuration de holding, optimisation de cession, transmission). Pour une gestion purement passive en ETF, Yomoni reste une alternative plus éprouvée grâce à son track record de dix ans.
Note de Henri
quand on analyse les structures de frais de ces plateformes, ce qui ressort c’est que l’écart entre 1,00 % et 1,65 % de frais annuels paraît anodin sur un relevé, mais sur 20 ans et 200 000 euros, il se traduit par une différence de capital final de l’ordre de 25 000 euros. Ce sont ces ordres de grandeur que les épargnants sous-estiment systématiquement, parce que le biais de présentation des frais en pourcentage annuel masque l’effet cumulatif.
Tableau récapitulatif et verdict par profil d’investisseur
Comparaison des 8 acteurs
Chaque acteur a désormais été passé au crible individuellement. Le tableau ci-dessous rassemble les critères de comparaison sur une seule grille, c’est la vue d’ensemble qui permet de confronter les modèles entre eux.
| Critère | Cyrus Conseil | Primonial | Crystal | Patrimea | BNP Paribas BP | Yomoni | Nalo | Ramify |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Type | Cabinet CGP | Plateforme-cabinet | Groupe CGP | CGP en ligne | Banque privée | Robo-advisor | Robo-advisor | Robo/plateforme |
| Statut | CIF + COA | CIF + COA | CIF + COA | CIF + COA | PSI (ACPR/AMF) | SGP (AMF) | SGP (AMF) | SGP (AMF) |
| Rémunération | Rétro + honoraires | Rétrocessions | Commissions + honoraires | Rétrocessions | Frais encours + commissions | Frais encours | Frais encours | Frais encours |
| Frais cumulés/an | 1,5 à 3,0 % | 1,5 à 3,0 % | 1,0 à 2,5 % | 0,5 à 1,5 % | 2,0 à 3,5 % | ~1,60 % | ~1,65 % | 1,0 à 1,5 % |
| Périmètre | Global | Large (produits maison) | Global | Intermédiaire | Large (bancaire intégré) | Limité (ETF) | Limité (ETF) | Élargi (ETF+SCPI+PE) |
| Ticket d’entrée | 200 000 € | 100 000 € | 250 000 € | 1 000 € | 250 000 € | 1 000 € | 1 000 € | 1 000 € |
| Architecture | Ouverte | Semi-ouverte | Ouverte | Ouverte | Fermée | Ouverte (ETF) | Ouverte (ETF) | Ouverte |
| Enveloppes | AV, PER, SCPI, PE, PEA | AV, PER, SCPI, PE | AV, PER, SCPI, PE, luxembourgeois | AV, PER, SCPI | AV, PER, PEA, CTO, mandats | AV, PER, PEA, CTO | AV, PER | AV, PER, SCPI, PE, CTO, livret |
| Ingénierie (fiscal, transmission) | Oui | Partielle | Oui | Non | Partielle | Non | Non | Non |
| Crédit Lombard | Non | Non | Non | Non | Oui | Non | Non | Non |
| Risque principal | Rétrocessions biaisantes | Produits maison | Hétérogénéité post-acquisitions | Périmètre limité | Architecture fermée, frais élevés | Pas de conseil global | Offre restreinte (2 enveloppes) | Peu de track record |
Données à jour — avril 2026.


Le tableau confirme un constat structurel : plus le périmètre de conseil est large, plus les frais sont élevés. Le choix ne se résume jamais à « le moins cher est le meilleur », mais à un arbitrage entre le coût, l’étendue du service et votre situation patrimoniale. Pour identifier son profil, comparer les acteurs de la gestion de fortune (banque privée, CGPI, family office) et choisir un accompagnement adapté, la grille ci-dessus sert de point de départ.
Verdict par profil d’investisseur
| Profil | Patrimoine | Acteur recommandé | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Jeune actif / petit épargnant | < 50 000 € | Yomoni ou Ramify | Frais bas, gestion passive, ticket d’entrée accessible, horizon long |
| Épargnant intermédiaire digital | 50 000 à 250 000 € | Patrimea ou robo-advisor + CGP ponctuel | Conseil humain à frais maîtrisés, ou gestion déléguée + bilan patrimonial annuel |
| Cadre supérieur / profession libérale | 250 000 à 1 000 000 € | Cyrus Conseil ou Crystal | Ingénierie patrimoniale (optimisation fiscale, PER, AV, immobilier, prévoyance) |
| Dirigeant / entrepreneur post-cession | > 500 000 € + besoins d’ingénierie | Cyrus Conseil, Crystal ou BNP Paribas BP | Structuration patrimoniale complexe (holding, 150-0 B ter, crédit Lombard si besoin bancaire intégré) |
| Épargnant autonome, diversification digitale | Tout patrimoine | Ramify | Seule plateforme combinant ETF + SCPI + PE en gestion pilotée à frais maîtrisés |
Données à jour — avril 2026.


Pour un patrimoine financier inférieur à 250 000 euros, la combinaison robo-advisor + bilan patrimonial ponctuel (1 000 à 3 000 euros chez un CGP indépendant) sera presque toujours moins coûteuse qu’une banque privée sur le long terme. Au-delà de 250 000 euros, le périmètre de conseil (ingénierie fiscale, transmission, crédit) justifie les frais plus élevés d’un cabinet ou d’une banque privée, à condition de comparer au moins deux ou trois acteurs et de négocier les conditions. Pour cerner son profil d’investisseur, choisir ses enveloppes et adapter son allocation à ses objectifs, la démarche commence par une question simple : de quel périmètre de conseil avez-vous réellement besoin ?
Conclusion
Après avoir passé ces huit acteurs au crible, une conviction se dégage : choisir un CGP, c’est avant tout une affaire de calibrage entre le coût du conseil, l’étendue du périmètre et la complexité réelle de votre situation patrimoniale. Un épargnant avec 80 000 euros en assurance-vie n’a pas les mêmes besoins qu’un dirigeant qui prépare une cession via le dispositif 150-0 B ter, et les frais cumulés sur 20 ans peuvent représenter plus de 100 000 euros d’écart selon le modèle retenu. Ce chiffre, on le voit rarement mis en avant par les acteurs eux-mêmes.
Avant de vous engager, ayez ce réflexe : exigez le relevé annuel de frais MIF 2 en euros, pas en pourcentage. Et vérifiez systématiquement l’inscription ORIAS et AMF de votre interlocuteur, cinq minutes suffisent pour éliminer un faux indépendant. Si vous souhaitez creuser le sujet, notre guide sur la banque privée détaille les frais et stratégies des principaux acteurs, notre article sur les frais d’assurance-vie permet de mesurer l’impact cumulé des couches de coûts, et notre guide sur le bilan patrimonial vous aide à structurer votre diagnostic avant de choisir un accompagnement.
Questions fréquentes sur le choix d’un CGP
Comment choisir son CGP ?
Le premier critère est le mode de rémunération. Un CGP rémunéré uniquement par rétrocessions a mécaniquement intérêt à orienter vers les produits les plus commissionnés. Vérifiez s’il est CIF (Conseiller en Investissements Financiers) enregistré à l’AMF, puis demandez-lui de détailler par écrit ses sources de revenus. Ensuite, évaluez si son périmètre de conseil correspond à vos besoins réels : un épargnant avec 50 000 euros n’a pas besoin d’ingénierie patrimoniale, tandis qu’un dirigeant post-cession en a besoin. Pour approfondir la démarche, notre guide sur comment choisir un conseiller en gestion de patrimoine adapté, comprendre les frais et structurer ses décisions patrimoniales détaille chaque étape.
Quelle est la différence entre un CGP et un CGPI ?
Un CGP (Conseiller en Gestion de Patrimoine) est un terme générique qui désigne tout professionnel du conseil patrimonial, quel que soit son mode de rémunération. Un CGPI ajoute le « I » pour « indépendant », mais attention : au sens MIF 2, seul un conseiller ne percevant aucune rétrocession ni commission sur les produits recommandés peut se qualifier de « conseil indépendant ». En France, moins de 5 % des quelque 6 000 CIF enregistrés fonctionnent réellement en honoraires purs. La majorité des « CGPI » vivent en réalité d’un modèle hybride (honoraires + commissions).
Quel est le tarif d’un conseiller en gestion de patrimoine ?
Les honoraires d’un CGP indépendant en fee-only se situent entre 150 et 500 euros de l’heure pour du conseil ponctuel, et un bilan patrimonial coûte entre 1 000 et 3 000 euros. Les CGP rémunérés par rétrocessions ne facturent souvent rien directement, mais prélèvent 1,5 à 3 % par an sur les encours via les commissions intégrées aux produits. Sur un portefeuille de 200 000 euros, cela représente 3 000 à 6 000 euros par an, un coût invisible mais bien réel. Pour dresser un diagnostic patrimonial et transformer votre analyse en plan d’action, le bilan patrimonial ponctuel est souvent le meilleur rapport qualité-prix.
Est-ce que ça vaut le coup de payer un conseiller en gestion de patrimoine ?
Cela dépend de la complexité de votre situation. Pour un patrimoine financier inférieur à 250 000 euros sans enjeu fiscal ou successoral particulier, la combinaison robo-advisor (frais de 1,0 à 1,6 % par an) + bilan patrimonial ponctuel (1 000 à 3 000 euros) sera presque toujours moins coûteuse qu’un CGP rémunéré sur encours. Au-delà de 250 000 euros, ou si vous avez des besoins d’ingénierie (holding, cession d’entreprise, transmission, contrats luxembourgeois), un CGP compétent peut vous faire économiser bien plus que ses honoraires en optimisation fiscale.
Quel est le meilleur cabinet de gestion de patrimoine en France ?
Il n’existe pas de « meilleur » cabinet universel, car le choix dépend de votre profil patrimonial. Parmi les grands cabinets en architecture ouverte, Cyrus Conseil (plus de 22 milliards d’euros d’encours) et Crystal (près de 30 milliards d’euros) se distinguent par leur périmètre d’ingénierie patrimoniale. Pour un épargnant digital avec un patrimoine modeste, Patrimea ou un robo-advisor comme Ramify seront plus adaptés et nettement moins coûteux. Le critère déterminant n’est pas la taille du cabinet, mais l’adéquation entre ses frais, son périmètre de conseil et vos besoins réels.
Quelle est la commission d’un conseiller en gestion de patrimoine ?
Les commissions varient selon le produit distribué. Sur une assurance-vie en unités de compte, les rétrocessions reversées au CGP représentent 0,3 à 0,8 % par an sur l’encours, prélevées dans les frais du contrat. Sur les SCPI, la commission de souscription atteint 5 à 12 % du montant investi (commission unique). Sur le private equity, comptez 2 à 5 % de commission à la souscription. En cumulant frais sur encours et rétrocessions, un portefeuille géré par un CGP rémunéré par commissions supporte facilement 2 à 3 % de frais annuels sans que le client ne reçoive de facture. Pour mesurer l’impact sur un contrat, le détail des 4 couches de frais en assurance-vie est éclairant.
Un robo-advisor peut-il remplacer un CGP ?
Sur la gestion d’un portefeuille d’ETF, oui. Un robo-advisor comme Yomoni ou Ramify facture 1,0 à 1,6 % par an tout compris, contre 2 à 3,5 % pour un CGP ou une banque privée. Sur 200 000 euros et 20 ans, cet écart de frais peut représenter 120 000 à 155 000 euros de capital en moins. En revanche, un robo-advisor ne fait pas d’ingénierie patrimoniale : pas de conseil fiscal, pas de montage de holding, pas de préparation de cession, pas de transmission. Si votre besoin se limite à investir en ETF de manière diversifiée et à frais réduits, le robo-advisor suffit. Au-delà, il complète un CGP mais ne le remplace pas.
Quel est le coût d’un bilan patrimonial ?
Un bilan patrimonial facturé en honoraires coûte entre 1 000 et 3 000 euros selon la complexité de votre situation. Certains grands cabinets incluent le bilan dans leur offre si vous placez un montant conséquent (à partir de 100 000 à 200 000 euros), mais dans ce cas la « gratuité » est financée par les rétrocessions sur les placements recommandés. Un bilan patrimonial ponctuel chez un CGP fee-only, sans obligation de placement, reste l’option la plus objective pour obtenir un diagnostic sans conflit d’intérêts.

Frais de gestion UC AV Cardif
Frais assureur Generali Vie


